Essences de tournesol


Animation, LABORATOIRE

Série d’animation dotée de 26 épisodes au compteur, Samurai Champloo est le second projet d’envergure télévisée, à mettre à l’effigie de Shinichiro Watanabe. Finis les illustres moments passés à bord du Bebop, ici on retourne sur la terre ferme, à l’heure où le sabre est prospère et les conflits d’intérêts finissent bien souvent dans des averses d’hémoglobine. Tout porterait à croire qu’on est face à une énième série du genre, mais son géniteur n’a encore rien laissé au hasard. Ce n’est pas pour rien qu’on a pu le voir impliqué dans des projets aussi élogieux qu’Animatrix ou Kill Bill.

Nombreux sont les ingrédients tendant à expliquer la popularité que la série connait depuis sa sortie et qui ont acceléré sa sortie dans l’hexagone. En effet, Samurai Champloo, de par ses qualités plastiques, possède un style narratif très diversifié, jouant sur tout les tableaux, du comique au tragique.

Impossible comme ce fut le cas avec Bebop et son fameux, Pierrot Le Fou, de ne pas citer des épisodes aussi marquants, que le Blues du Base-Ball ou La Guerre des Mots. L’originalité des mises en scène et des situations surclasse le reste, l’intrigue se voit reléguée en second-plan. Il n’y a pas vraiment de fil rouge distillé tout le long, c’est l’ajout des épisodes bout à bout qui vont donner de la profondeur à la série.

Pause #1 - Episode #23 / Le Blues du Base-BallLa Guerre des Mots

Watanabe, est une créateur ouvert sur le monde, musicalement parlant notamment…Champloo ne déroge pas à la règle, il suffit d’y prêter ses oreilles dès les premiers instants. Fortement influencé hip-hop avec une vague d’artistes telle que Nujabes, Fat Jon et Tsuchie, la série insuffle un beau dépoussiérage pour un genre souvent cloisonné. Et c’est justement là le point fort de cette création Manglobe, le récit est truffé d’anachronismes, de saut dans le temps improbables, ajoutant un lot d’inventivité appréciable sur tous les plans.

Samurai Champloo qui a tout du VIP de l’animation, peut absolument se défaire de l’aura Bebop qui lui planait autour, il a tout d’un digne successeur. Le tournant est parfaitement négocié par la production, qui peut s’enorgueillir de remplir à nouveau son contrat. A savoir, déployer sous nos yeux, un spectacle charismatique, bourré de qualités. Passer à côté serait bien dommage.

Q.


Le 4 février 2009 par Quinoline, Aucune participation, A savoir

Apologia della bicicletta


Artbooks, CULTE DE L'OBJET

K.Otomo - K. Terada - 2008

K.Otomo & K.Terada - Viva Il Ciclissimo! - 2008

Viva Il Ciclissimo! est un cross-over entre deux figures de proue du monde de l’animation made in Japan.

D’un coté Katsuhiro Otomo (couverture), père des Akira, Dômu et autres Robot Carnival, de l’autre Katsuya Terada, (dos) talentueux designer qui a notamment inspiré Blood, the Last Vampire. Cette collaboration unique n’a pour but que de servir qu’un sport : le cyclisme. Les quelques illustrés ci-dessous vont bien dans ce sens, avec des expérimentations de tout bord, visionnaires oblige.

La seule chose qu’on puisse dire est que le cyclisme donne de la suite dans les idées. Délivré dans un box limité, contenant deux tomes, avec en bonus un sac, on a ici devant nos orbites, une pièce majeure du genre. Les deux artistes se sont livrés à une véritable récréation. Un pur freestyle visuel qui régalera les amateurs.

Q.


Le 28 janvier 2009 par Quinoline, 5 participations, A savoir

Thérapie musicale


LABORATOIRE, Manga

Inio Asano - Made In - 2008

I. Asano - Solanin - 2008

“On est venus de loin, du sud et du nord, pour monter à la capitale…On était désarçonnés par la densité et la complexité de Tokyo…On était un peu comme deux personnes débarquant sur une planète inconnue…”

Spécialisé dans le récit court, Inio Asano, arpente toujours le même leitmotiv avec son dernier né baptisé Solanin. C’est de nouveau le même label qualitatif de Kana, Made In, responsable de sa percée en France, qui supporte cette sortie.

L’ambiance générale s’organise autour d’un groupe de jeunes adolescents, livrés à eux-mêmes, dans un quotidien et une mégalopole qui leur fait peur…

“Il y a un démon qui se cache dans l’ombre à Tokyo”

…une pression matérialisée et exacerbée lorsqu’il s’agit de parler d’un avenir si incertain et abstrait pour la plupart d’entre eux. Chaque acteur n’a pas envie de rentrer dans le refrain metro-boulot-dodo, dans ce sentier formaté, qui leur tend les bras. Pas question de faire carrière dans le secrétariat ou dans l’entreprise familiale, chacun veut aller de l’avant par sa propre voie, se sentir impliqué dans un projet commun. La voie de la musique leur semble l’instrument rêvé pour sortir de ce moule. Quels que soient, l’issue réservée, les obstacles qui peuvent se présenter dans cette entreprise, c’est pour ces derniers, un véritable question de survie.

Un titre fort et émouvant à bien des égards qui appuie sur les vieilles blessures d’un système tendant à exclure toute une génération, les mettant au défi quand à la question professionnelle. Asano exécute avec justesse son sujet, tout en conservant un trait de grande maîtrise et un galerie de personnages humains au possible. Un titre qui mérite une attention particulière que ce soit pour les amateurs ou les nouveaux venus dans son univers.

Asano, c’est aussi : Le Quartier de la lumière, Le Champ de l’Arc-en-ciel, Un Monde Formidable

Q.


Le 28 janvier 2009 par Quinoline, 2 participations, A savoir

Vagabondages bicolores


Animation, Artbooks, CULTE DE L'OBJET

T. Inoue - Sumi - 2008

T. Inoue - Sumi - 2006

Sorti en octobre 2006 sur l’archipel nippon, Sumi est l’un des deux recueils d’illustrations axé sur le manga Vagabond.

Restitué dans un A4 copieux (plus de 150 pages), ce dernier compile, les plus belles compositions noir et blanc du récit depuis son lancement, avec cerise sur le gâteau, des planches originales et des prises de vue dans son atelier.

L’éditeur n’ayant pas fait les choses à moitié, on a devant les yeux une pièce doté d’une finition et d’une qualité d’impression haut de gamme. Je vous laisse juger par vous-mêmes de sa valeur ajoutée.

Sumi, consitue le plus bel hommage qui soit pour le lecteur assidu de l’un des séries phares de Takehiko Inoue, mais pas seulement. Il est aussi un très bel objet pour l’amateur au devant d’une esthétique de grande envergure. Un excellent compagnon de lecture, à ranger avec son homologue Water, son penchant couleur.

Q.


Le 28 janvier 2009 par Quinoline, Aucune participation, A savoir